Après cet échec, relationnel. J'ai choisi de questionner le rapport réparateur-client, en m'improvisant réparateur à domicile, pour aller au plus près des gens, dans leur intimité, prenant le contre-pied de l'attitude du réparateur de parapluie. J'ai, comme lui, choisi de rebondir après un échec.
J'ai choisi de cibler mes réparations sur les problèmes d'étanchéïté. Domaine qui finalement est plutôt récurrent dans ma réflexion et mes expériences personnelles.
J'ai réuni dans ma sacoche de réparateur toute une série d'objets, de crèmes diverses, de scotch... pouvant me servir à réparer trous et autres fuites.
J'ai commencé par réparer le rebord d'un évier. Un mauvais joint laissant passer l'eau, qui s'infiltrant , arrosait régulièrement le placard à provisions. J'ai ici utilisé une crème d'arnican.
Ensuite, j'ai réalisé un joint externe pour une robinetterie de baignoire fuyante. L'encastrement de celle-ci rendait difficile le remplacement rapide de la pièce défectueuse. Le joint réalisé est en fait une chambre à air de camion découpée.
La troisième réparation a été effectuée à mon domicile. Je pensais au début réaliser une fiction. Mais je me suis pris à mon propre jeu au cours des réparations. Je me suis donc mis dans la peau d'un réparateur intervenant chez quelqu'un en dehors de sa présence.
Ici, les poutres qui ont fléchi avec le temps laissent apparaître un trou béant entre le plancher et le mur séparant la pièce principale de la salle de bain. L'eau projetée par terre lors des douches, ou à cause de multiples autres problèmes de fuite, s'infiltre par le trou et coule dans l'appartement en dessous. J'ai donc décidé de combler le trou par de l'argile. L'idéal étant d'humidifier l'argile régulièrement pour qu'elle reste, paradoxalement, étanche.
Ici aussi c'est le rapport entre deux personnes que je cherche à questionner.
En repensant au film locataires de Kim Ki-Duk, je me suis introduit dans l'appartement (le mien l'occurrence) et ai effectué la réparation puis tout remis en place pour ne pas laisser de trace.
Je pensais aux réparateurs que j'ai laissé pénétrer chez moi, pendant plusieurs jours, sans les avoir jamais vus. C'est une relation de confiance qui doit s'établir, basée sur aucun élément objectif.
Le réparateur de parapluie s'est méfié de moi.
En regardant dans la faille j'ai trouvé des pièces, fait assez improbable. Sans réfléchir, je les ai mises dans ma sacoche, pris au jeu. Puis au moment de partir, je me suis demandé si je les reposais, ou non.
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